[le site de Fabienne Swiatly ]

Le fond d'écran de l’ordinateur qui aspire.

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J'ai un peu négligé ce lieu d'écriture et pourtant j'aime y laisser ma trace. La trace bleue. Trop occupée ailleurs : ateliers, lectures, rencontres, résidences et tout ce qui dévore le temps libre sans donner du plaisir : comptabilité, facturations, communication... Et aussi le temps passé sur l'autre lieu où l'on peut laisser si facilement quelque chose de soi avec les autres qui donnent à croire qu'ils vous aiment... du bout des doigts. Alors revenir ici où l'on ne sait même pas si quelqu'un lit, mais les carnets d'avant, ceux en papier, personne ou presque ne les lisait et pourtant on s'y attelait. D'ailleurs on s'y attèle encore avec des collages, de la couleur et des photos. Et je m'interroge pourquoi j'ai un tel besoin de laisser des traces, mais en fait je sais la réponse. La première trace a sauvé quelque chose en moi, j'étais une enfant que la mère maltraitait alors j'avais écrit (gravé à la pointe d'un ciseau) dans le mur de ma chambre le douloureux secret, puis j'avais recouvert avec des autocollants de l'époque :  des anges et des angelots qui servaient à décorer le cahier de l'amitié (une pratique courante à l'époque dans l'Est de la France, un joli cahier que l'on confiait à une amie et qui le recouvrait d'un poème et de collages - on donnait rarement aux garçons qui n'y mettaient aucun soin). Ma mère a jeté ce cahier avec mon nounours et toutes mes affaires parce que j'avais décidé de quitter la maison familiale à 17 ans. Elle avait effacé les traces. Peut-être que je tente d'en retrouver ici. Peut-être.