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Le fond d'écran de l’ordinateur qui aspire.

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Heimat est une série d'Edgar Reitz diffusée sur la 7, bien avant la mode des téléfilms et des saisons, que j'ai suivie avec avidité. Que j'ai revue une dizaine de fois, d'abord en dvd non-soustitré pendant ma résidence à Berlin et racheté ensuite en édition française afin de le partager avec d'autres. Je n'ai pas encore vu la quatrième partie sortie sur cran d'écran (je voulais écrire grand écran mais je laisse le lapsus s'exprimer ici). Cette série, exigeante et qui sait prendre son temps, raconte l'histoire d'une famille allemande, dont le père de famille est forgeron, de la fin de la première guerre mondiale jusqu'en 2000. Avec la région du Hunsrück en toile de fond même si la seconde partie se passe essentiellement à Munich. Le personnage central, Hermann, se construit en refus de ses origines, donc de son village natal et de sa famille. Cette série m'a permis de mieux comprendre ma part allemande, même si ma mère est née dans le nord de l'Allemagne où la langue parlée est très différente des personnages du film (un patois particulier à cette région de Rhénanie-Palatinat). Ce film a compris qu'il n'existe pas de devoir de mémoire, terme aussi stérile que les monuments aux morts des villages français, mais qu'il y a travail de mémoire. En remettant l'Allemagne en mouvement dans ce film, le réalisateur, a remis ma propre mémoire en mouvement avec ce qu'elle a terriblement humain. Et j'ai pu écrire ainsi Stimmlos / Sans voix pour y évoquer ma propre Heimat. Heimat un mot qui ne se traduit pas.