[le site de Fabienne Swiatly ]

Le métallisé des eaux profondes, le bleu glacé des torrents.

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Un ciel sans nuages, sans horizon qui ramène au trottoir, aux murs des immeubles. Au froid. Une lumière qui pèse sur les paupières. Seule devant l'écran pour écrire le roman, pour répondre aux commandes, pour saisir les textes des ateliers, pour rédiger la réponse à l'appel à projet, pour éditer les factures, écrire des mails, mettre à jour le site, trier les photos, questionner son budget. Seule devant l'écran et l'internet qui n'est pas une fenêtre, les jours de gris-blanc. Envie de quelque chose oui mais quoi ? Comme une faim qui ne trouve aucune nourriture pour la satisfaire. Informations de la radio, des journaux, paroles des amis, des voisins, des collègues, propos des livres qui forment un poids dans le ventre qui ne sait plus rien dire. Les yeux quittent l'écran, interrogent le ciel et buttent contre le silence de la lumière. Livre entrouvert d'Edmond Jabès et cet extrait qui me fait signe : Une parole de l'un ou de l'autre, un geste inattendu suffisent pour que nous ne nous reconnaissions plus. Aujourd'hui est un jour morne, même boire ne servira à rien