[le site de Fabienne Swiatly ]

Le métallisé des eaux profondes, le bleu glacé des torrents.

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S'EXTRAIRE. Le temps de l'écriture. Se tenir à distance de l'information qui nous donne l'impression d'agir sur le monde et ses violences. ILLUSION. Tout savoir qui nous rend plus impuissant que jamais. Difficulté à inventer une autre façon d'être ensemble. Puisqu'il faudrait sauver TOUT le monde, nous finissons par oublier ceux qui s'épuisent à survivre autour de nous. ARRÊTE DE DIRE NOUS. Je dois parler de mon impuissance et trouver le chemin vers ce qui me permettrait d'agir, d'interagir. FATIGUE. Oui je fatigue car que je n'entends pas assez la voix de la jeunesse. Où est la force ? Mais JE N’ABANDONNE PAS. Je questionne. Je sais que l'ennemi est perfide, il n'a pas visage reconnaissable comme dans les  films ou d'avant la chute du mur qui semblait diviser le territoire en deux terrains, comme au foot et que forcément nous étions du bon côté. CONFUSION et puis il est déjà l'heure des vacances, des soldes et de se serrer la ceinture pour payer des études à nos enfants. Je remplis des CARNETS pour penser quelque chose de précis. Écrire malgré tout. TOUT. La guerre n'est pas la seule manière d'avancer ensemble. 

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J'aime marcher au hasard dans Paris. D'abord le quartier des ministères avec ses rangées impressionnantes de scooters et de motos. Des hommes jeunes en costume de communion tant ils ont l'air à l'étroit dans leurs vêtements serrés, se croisent téléphone à la main. Cravates, oreillettes, cigarettes électroniques. Pas de sacs ou de serviettes. Quelques hommes plus âgés ont renoncé à l'étroitesse de la mode et marchent d'un pas plus lent. Les femmes portent tailleurs, cheveux longs et talons hauts. Les voitures ont la vitre fumeuse. Un monde très loin de moi bien que nous avancions sur le même trottoir. Je bifurque. Grand Palais, un groupe de manœuvres, tenue fluo, étalent de larges couches de goudrons sur un des accès du lieu. Ils font circuler avec rapidité et dextérité leurs seaux remplis de matière fumante. Une gestuelle joyeuse d'ailleurs ils accompagnent chaque mouvement de sons rauques, comme un chant. Je pense aux prisonniers noirs qui ont creusé les routes américaines. C'est étonnant. C'est rare. Je n'ai pas réussi à saisir cette chorégraphie urbaine avec mon appareil photo mais c'était bien là. Des hommes au travail qui font leur show pour les touristes qui d'ailleurs s’arrêtent un moment pour les regarder ou les photographier. Ils étaient beaux les gars.   

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Il est une journée où beaucoup d'entre nous ont haussé les épaules. Un geste furtif, presque léger et pourtant lourd en conséquence. Un geste bref qui permet de poursuivre sa route sans alourdir sa conscience. Un haussement d'épaules qui ferait que ce que je vois, que ce qui m'entoure ne me concerne pas. Celui, celle qui hausse les épaules est une personne qui a donné toute sa place à la peur mais qui ne veut pas en être informée. Elle se débarrasse de l'encombrant. Elle agit comme si  contourner un trou suffisait à le faire disparaitre. Il-elle ne  s’arrête pas, ne se questionne pas, n'agit pas. Il-elle contourne le danger et se trouve une excuse : Tout cela est vain. Celui, celle qui hausse les épaules pense que l'indifférence est un acte de révolte. En fait il-elle se rassure et  s'invente une armure car il-elle est consciente de sa faiblesse. Sait qu'on pourrait le lui reprocher, lui reprocher de ne pas transformer son refus en un acte revendicatif ou réellement citoyen. Alors il-elle hausse les épaules a pu dormir tard, ou encore se promener ailleurs, profiter du week-end. Et qui sait, si au fond, son haussement d'épaules n'est pas une forme d'adhésion à ce qui se passe car il-elle a perdu le courage et l'espérance. 

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Récompense. J'ai été récompensée. J'ai eu un prix... J'ai ressassé ces mots la nuit dernière. Ce n'est pas le premier prix que je reçois mais c'est la première fois que j'y pense autant. Récompensée, honorée, gratifiée ... reconnue ? Je n'ai jamais été décorée. Mon père le fût, deux fois. Une fois par Wendel Sidélor pour y avoir travaillé toute sa vie. Il n'a pas été chercher sa médaille. Il bossait à l'usine depuis l'âge de 14 ans et trouvait sûrement injurieux cette simple breloque. Je ne suis pas un chien, disait-il pensant certainement aux médailles gravées que portent les animaux domestiques pour être reconnus. A sa veste du dimanche il portait la double palme des donneurs de sang (plus de 200 dons). Sa médaille du Mérite et du Dévouement, je ne sais même pas pourquoi il l'a obtenue mais c'est moi qui l'ai récupérée après sa mort. Toutes ces questions que l'on oublie de poser aux vivants ! De mon côté j'ai obtenu plusieurs prix pour mes livres par contre je n'ai pas eu mon baccalauréat (et pourtant c'est souvent lui qu'on réclame quand je veux travailler en certains lieux). J'aime bien dire que j'ai un copain qui a refusé la Légion d'honneur. Ma mère n'a jamais voulu la médaille qui récompensait les mères de famille nombreuse, elle n'aurait pas su dire le merci qui convenait étant donné son accent allemand. Et sa famille nombreuse, elle ne l'avait pas vraiment souhaitée. Le prix Collidram qui m'a été décerné, je le dois à une centaine de collégiens et quelques professionnels, et j'en suis fière. Oui je peux le dire ainsi et je crois que mon père l'aurait été aussi. Peut-être.  

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J'ai un peu négligé ce lieu d'écriture et pourtant j'aime y laisser ma trace. La trace bleue. Trop occupée ailleurs : ateliers, lectures, rencontres, résidences et tout ce qui dévore le temps libre sans donner du plaisir : comptabilité, facturations, communication... Et aussi le temps passé sur l'autre lieu où l'on peut laisser si facilement quelque chose de soi avec les autres qui donnent à croire qu'ils vous aiment... du bout des doigts. Alors revenir ici où l'on ne sait même pas si quelqu'un lit, mais les carnets d'avant, ceux en papier, personne ou presque ne les lisait et pourtant on s'y attelait. D'ailleurs on s'y attèle encore avec des collages, de la couleur et des photos. Et je m'interroge pourquoi j'ai un tel besoin de laisser des traces, mais en fait je sais la réponse. La première trace a sauvé quelque chose en moi, j'étais une enfant que la mère maltraitait alors j'avais écrit (gravé à la pointe d'un ciseau) dans le mur de ma chambre le douloureux secret, puis j'avais recouvert avec des autocollants de l'époque :  des anges et des angelots qui servaient à décorer le cahier de l'amitié (une pratique courante à l'époque dans l'Est de la France, un joli cahier que l'on confiait à une amie et qui le recouvrait d'un poème et de collages - on donnait rarement aux garçons qui n'y mettaient aucun soin). Ma mère a jeté ce cahier avec mon nounours et toutes mes affaires parce que j'avais décidé de quitter la maison familiale à 17 ans. Elle avait effacé les traces. Peut-être que je tente d'en retrouver ici. Peut-être. 

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Embarquer. Laissez-moi vous embarquer. L'enthousiasme dans ma voix pour cacher le trac. Envolons-nous mes gaillards comme j'aime les nommer lorsqu'ils forment une classe et que déjà ils sont des hommes bien que lycéens. Et souvent enfants de l'immigration, mais pas tous. Les  embarquer pour l'énergie que cela donne car ils se laisseraient volontiers traîner. Energie qui me laissera totalement lessivée à la fin de la semaine mais croire qu'ils auront plaisir et surtout intérêt à écrire, à lire, à mettre en forme des mots. Leurs mots. Remettre du lien et surtout du sens entre eux et le langage. Mais le mot ne plait pas à Ali qui s'agace de me l'entendre répéter. Si pour moi, il y a de l'envol et du dynamisme dans ce verbe c'est que je l'associe aux avions et aux aéroports. Alors je cherche à comprendre ce qui ne lui convient pas dans cet embarquement et je triture le mot pendant qu'ils écrivent : embarquer, mener en barque, débarquement ... et enfin je comprends que ce verbe est aussi celui des flics qui vous embarquent dans le fourgon puis au poste. Embarquer comme l'on entasse, enserre, embrigade, contraint. Je gomme le mot de mes phrases mais leur redis la nécessité d'un pacte de confiance entre nous. Cinq jours passés ensemble. Textes écrits, lus, partagés mis en valeur dans un journal de bord (collages, dessins, papiers déchirés). Et lorsqu'il sera l'heure de nous quitter, je dis à la classe : allez, je vous débarque maintenant.. Ali me sourit avec une belle lumière dans les yeux. Connivence. Les mots ne sont pas toujours des ennemis. Ils peuvent aussi être un espace de jeu.  

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Redresser le dos et la nuque et se concentrer sur ce qu'il y a dire, à lire, à faire écrire avec les étudiants, première année à Science Po. Ils espèrent devenir ambassadeur, consul, conseiller, journaliste. Le mot de consul qui invite Marguerite Duras dans l'instant mais je suis la seule à la voir passer. Je suis venue avec Marcel Proust, James Joyce et Christian Prigent pour leur proposer une écriture de la phrase longue, une écriture dans le souffle. Repousser le point. Bousculer la norme qui conseille une idée - une phrase. Au contraire, les amener à mettre plusieurs couches du monde dans le même avancement de la phrase. Gommer la perspective. Je lis, je présente - trop vite - comme souvent et nous n'avons  et je n'ai qu'une heure trente d'atelier par groupe. Le livre de Joyce épais sur la table, la tranche jaunie, la version que nous avions lue à plusieurs (prenant des notes) parce que cela nous faisait moins peur de lire ensemble, et le plaisir de la lecture est venue quand j'avais accepté de lâcher prise avec la narration. Comment leur donner ce plaisir, cette curiosité ? J'espère qu'il ne s'agira pas seulement pour eux de noter des références, des dates, qu'il ne s'agira pas seulement de littérature morte. Je suis un peu fatiguée, eux aussi. Je ne me trouve pas très contaminante (c'est le mot que j'emploie). Je voudrais donner de l'énergie et j'ai peur d'avancer dans la poussière. Je finis avec cinq minutes d'avance.

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Ils sont jeunes. Ils préparent un bac pro, pas forcément celui qu'ils voudraient. Ils vivent dans le Jura. Certains vivent en villes, d'autres en montagne. Ils sont d'origine turc, sénégalaise, portugaise, slovaque.. et française ... Ils écoutent du rap français, Scorpions ou radio Nostalgie. Le premier jour, ils se réfugient au fond de la salle, les écouteurs dans les oreilles, le regard ailleurs. Position de repli. Normal. Pourquoi devraient-ils se réjouir qu'une femme, même pas jeune, viennent les faire écrire ? Et l'écriture les a si souvent trahis. Le dernier jour, après la présentation du Chantier en cours : textes, dessins, mise en espace de l'atelier et chant choral, ils me serrent la main, ils me remercient, ils nous remercient. Ils sont fiers et moi aussi et nous aussi. La fatigue viendra le lendemain, car il faut beaucoup d'énergie pour oser les emmener là où ce n'est pas une évidence. Oserais-je dire qu'il faut avoir la foi ? Et je veux remercier ici tous ceux qui permettent, accompagnent, soutiennent : Saute-frontière (et plus particulièrement Marion Ciréfice qui doit gérer le poids de nos doutes en fin de journée) - Sandrine Brunet, professeure de français, Christine Richard-Briquet professeure d'art plastique et Stéfanie Barbarou, chèfe de chœur... Bien d'autres personnes encore, mais ces femmes-là sont sur le front !  Et j'ose espérer que la remarque de Mikail en fin de présentation ne soit pas prophétique : demain, ils auront tout oublié (évoquant l'équipe enseignante qui applaudissait leur travail). Croire en demain pour qu'aujourd'hui soit possible !

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Ecrivaine. Je revendique le terme, oui avec le petit e vers la fin qui fait la différence surtout quand j'entends dire que dans écrivaine l'inécoutable serait le vaine de la fin alors que le vain dans écrivain semble normal ? Audible. Il faut savoir que dans les années soixante, le terme étudiante raclait les oreilles et maintenant c'est habitude, non ? Il est vrai que parfois la féminisation des mots rajoute un peu trop de fesse comme dans contre-maitresse, mais est-ce si indécent ? D'ailleurs une papesse me procurera toujours plus d'allégresse que l'étriqué d'un pape. Si de nombreuses écrivaines rechignent à employer le féminin (et j'en ai fait partie), c'est qu'elles ont le sentiment d'être en dehors de la lignée des Hugo, Vallès, Michaux, Baudelaire, Faulkner ... la lignée des écrivains ! Depuis j'ai trouvé la solution. Chaque matin devant l'écran, je me répète : Simone de Beauvoir : écrivaine ! Clarisse Lispector : écrivaine ! Virginia Woolf : écrivaine ! Marguerite Duras : écrivaine ! Annie Ernaux : écrivaine ! Doris Lessing : écrivaine ! Marina Tsvétaïeva : écrivaine ! Elfriede Jelinek : écrivaine !  Madame de la Fayette : écrivaine ! Simone Weil : écrivaine ! Hannah Arendt ... A chacun d'enrichir la liste, sa liste. Au bout d'un moment l'oreille s’habitue sans que cela paresse étrange et surtout pas vain !

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Demandeur d'emploi - expression employée, depuis quand ?  Expression passive. Emploi vient du mot plier. Hommes, femmes qui attendent d'être choisis, d'être désignés. Prêts à l'emploi. Mains au-dessus qui donnent, mains en-dessous qui attendent ... En dessous. Demander, quémander. Moi aussi j'ai été demandeur d'emploi, même demandeuse. J'ai attendu. J'ai fait la file. J'ai lu les annonces, j'ai assisté à des réunions, j'ai participé à des stages. J'ai reçu le tampon sur la carte de demandeur et j'ai plus tard composé le numéro de téléphone pour confirmer que j'étais toujours demandeur d'emploi. J'ai suivi la procédure. J'ai attendu. Longtemps inusitée. Puis je n'ai plus attendu, car dans cette attente il y a toute notre soumission, comme si nous ne faisions pas vraiment partie du monde économique. Juste bons à être employés. Indignation. Je peux, je dois inventer de nouveaux modes de vie. Je peux, je dois inventer de nouveaux modèles économiques. Je ne suis pas une variable d'ajustement. Je ne demande pas  à être employée. Je n'ai pas de mode d'emploi. Je suis farouchement humaine et je veux être emportée par une joyeuse envie de me déployer ! 

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La tyrannie du jour d'après. Ce fameux jour où on pourra se poser, où on aura le temps de ... et qu'il sera possible de tout faire. On pourra enfin prendre le fameux train d'avance. Et pourtant ce jour d'après nous rapproche inexorablement de l'autre jour nettement moins réjouissant : celui de notre mort. Alors faut-il avancer vite si aujourd'hui ne s'offrira qu'une fois ? J'ai senti de la peur en moi, surtout après la lecture du texte Jamais mieux de Jean-Pierre Georges publié par la revue Décharge et ce passage d'une tristesse absolue : " Je n'ai presque pas regardé la première neige de l'hiver. Elles est tombée sans moi. J'ai lu Freud couché, sans même me demander comme autrefois, si les flocons prenaient du volume ou non, et sans m'accrocher à la fenêtre pour le vérifier. Cela en dit long sur mes renoncements. " J'ai posé la revue avec une violente envie de profiter de ce jour unique et fragile. Il ne tombait pas de neige, mais le soleil était d'une belle clairvoyance. J'ai enfilé mes chaussures et ma parka : à nous deux, jour d’aujourd’hui, puisque tu sembles m'attendre !

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C'est déjà loin. Parce qu'il y avait l'été là-bas à l'île de la Réunion, et de la chaleur je suis passée à la froide attente - 3 heures - dans l'horrible gare de Massy. Tenter de se mettre à l'abri des courants d'air et l'odeur violente de la salle d'attente trop petite. Loin déjà le Théâtre des Bambous et son équipe, et pourtant je reste émerveillée que d'autres artistes se soient intéressés à l'un de mes textes et ont mis de l'énergie et de l'argent pour qu'il existe sur scène, pas la première fois, mais ce que cela répare de tous les doutes, parce que l'on croit parfois avoir usurpé une place. Et l'on découvre aussi une île et une langue créole qui transforme le poème en Fonnkèr (ce qui se dit du fond du cœur). A l'équipe de là-bas, j'ai osé dire que je reviendrai, ils ont répondu : ok on t'attend. En attendant je continue à habiter ce monde avec mes mots, avec ma langue et mes différences. Je suis dans la place. Tout simplement.

 

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Heimat est une série d'Edgar Reitz diffusée sur la 7, bien avant la mode des téléfilms et des saisons, que j'ai suivie avec avidité. Que j'ai revue une dizaine de fois, d'abord en dvd non-soustitré pendant ma résidence à Berlin et racheté ensuite en édition française afin de le partager avec d'autres. Je n'ai pas encore vu la quatrième partie sortie sur cran d'écran (je voulais écrire grand écran mais je laisse le lapsus s'exprimer ici). Cette série, exigeante et qui sait prendre son temps, raconte l'histoire d'une famille allemande, dont le père de famille est forgeron, de la fin de la première guerre mondiale jusqu'en 2000. Avec la région du Hunsrück en toile de fond même si la seconde partie se passe essentiellement à Munich. Le personnage central, Hermann, se construit en refus de ses origines, donc de son village natal et de sa famille. Cette série m'a permis de mieux comprendre ma part allemande, même si ma mère est née dans le nord de l'Allemagne où la langue parlée est très différente des personnages du film (un patois particulier à cette région de Rhénanie-Palatinat). Ce film a compris qu'il n'existe pas de devoir de mémoire, terme aussi stérile que les monuments aux morts des villages français, mais qu'il y a travail de mémoire. En remettant l'Allemagne en mouvement dans ce film, le réalisateur, a remis ma propre mémoire en mouvement avec ce qu'elle a terriblement humain. Et j'ai pu écrire ainsi Stimmlos / Sans voix pour y évoquer ma propre Heimat. Heimat un mot qui ne se traduit pas. 

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