[le site de Fabienne Swiatly ]

C'est une trace venue s'installer en moi pour en faire de l'écriture.

Photo du 10 03 2020 a 768 09.05

Confinement. Tout un pays confiné. Italie. Quelques heures d'ici. Ce matin, tout me semble vain sauf la danse. Mon corps en mouvement, en musique, en vie. Follement en vie. Tout le reste bien vain puisque la mort se rappelle à nous. Comment avons-nous pu oublier ?  Comme si l'effet miroir de nos photos, de l'appel des vitrines, de nos pauvres petits égos, se fissurait enfin. Je suis si peu, presque rien et pourtant miraculeusement vivante. Ça, seulement, ça. VIVANTE. Alors oui, il faudra bien couper les moteurs, ralentir le débit. S'arrêter et réfléchir. Laisser venir. Comme si ce virus nous offrait l'occasion de mettre nos systèmes, dits économiques, sur pause. Enfin sur pause. Et moi, ce qui me saisit, ce n'est pas l'angoisse, le désespoir mais toute la vitalité qu'il y a en moi, malgré oui malgré. Vivante. Putain je suis vivante. Alors j'écoute Deena Abdelwahed, Marcus Miller, Selah Sue, Brigitte Fontaine... et je danse de mon corps qui n'est plus jeune mais tellement vivant. Que cesse ce commerce qui met à mal la mer, la terre, les hommes et les femmes. Que cesse le cauchemar de nos faux besoins. Mettons nos corps en mouvement, on peut être ensemble sans se toucher puisqu'il faut garder de la distance. On peut épuiser nos faux désirs avec du muscle et de la sueur. On pourrait même laisser venir du son. Un son qui viendrait de loin et qui serait le plus beau des hymnes à la vie. Bouge mon corps. Bouge. Laisse monter ce que tu es à l'intérieur. Bouge, bouge. Nous sommes vivants et c'est ça la seule beauté du monde.