[le site de Fabienne Swiatly ]

La couleur absente de la Lorraine.

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Ils sont jeunes. Ils préparent un bac pro, pas forcément celui qu'ils voudraient. Ils vivent dans le Jura. Certains vivent en villes, d'autres en montagne. Ils sont d'origine turc, sénégalaise, portugaise, slovaque.. et française ... Ils écoutent du rap français, Scorpions ou radio Nostalgie. Le premier jour, ils se réfugient au fond de la salle, les écouteurs dans les oreilles, le regard ailleurs. Position de repli. Normal. Pourquoi devraient-ils se réjouir qu'une femme, même pas jeune, viennent les faire écrire ? Et l'écriture les a si souvent trahis. Le dernier jour, après la présentation du Chantier en cours : textes, dessins, mise en espace de l'atelier et chant choral, ils me serrent la main, ils me remercient, ils nous remercient. Ils sont fiers et moi aussi et nous aussi. La fatigue viendra le lendemain, car il faut beaucoup d'énergie pour oser les emmener là où ce n'est pas une évidence. Oserais-je dire qu'il faut avoir la foi ? Et je veux remercier ici tous ceux qui permettent, accompagnent, soutiennent : Saute-frontière (et plus particulièrement Marion Ciréfice qui doit gérer le poids de nos doutes en fin de journée) - Sandrine Brunet, professeure de français, Christine Richard-Briquet professeure d'art plastique et Stéfanie Barbarou, chèfe de chœur... Bien d'autres personnes encore, mais ces femmes-là sont sur le front !  Et j'ose espérer que la remarque de Mikail en fin de présentation ne soit pas prophétique : demain, ils auront tout oublié (évoquant l'équipe enseignante qui applaudissait leur travail). Croire en demain pour qu'aujourd'hui soit possible !