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L'encre du tatouage qui bleuit avec le temps.

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La tyrannie du jour d'après. Ce fameux jour où on pourra se poser, où on aura le temps de ... et qu'il sera possible de tout faire. On pourra enfin prendre le fameux train d'avance. Et pourtant ce jour d'après nous rapproche inexorablement de l'autre jour nettement moins réjouissant : celui de notre mort. Alors faut-il avancer vite si aujourd'hui ne s'offrira qu'une fois ? J'ai senti de la peur en moi, surtout après la lecture du texte Jamais mieux de Jean-Pierre Georges publié par la revue Décharge et ce passage d'une tristesse absolue : " Je n'ai presque pas regardé la première neige de l'hiver. Elles est tombée sans moi. J'ai lu Freud couché, sans même me demander comme autrefois, si les flocons prenaient du volume ou non, et sans m'accrocher à la fenêtre pour le vérifier. Cela en dit long sur mes renoncements. " J'ai posé la revue avec une violente envie de profiter de ce jour unique et fragile. Il ne tombait pas de neige, mais le soleil était d'une belle clairvoyance. J'ai enfilé mes chaussures et ma parka : à nous deux, jour d’aujourd’hui, puisque tu sembles m'attendre !