[le site de Fabienne Swiatly ]

C'est le bleu changeant du ciel comme une fiction.

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La couverture d'un livre qui me fascine : Francis Bacon photographié au milieu d'un fatras de papiers, pinceaux, de pots de peinture, outils... son atelier. Le livre nous explique le travail de l'artiste  en analysant les objets et les strates du lieu, comme lorsqu'on découvre des ruines romaines. D'ailleurs des archéologues, on participé au transfert de l'atelier londonien à la Hugh Lane Gallery à Dublin. Je connais mal le travail de Bacon, mais entrer dans l'intime de son oeuvre par l'atelier me rassure. Parfois les grands qui jalonnent notre mémoire culturelle, m'effraient. Je n'ai pas appris à côtoyer ces univers. Je m'y perds très vite. Je viens d'une famille sans culture ou plutôt sans désir. Mes parents ne lisaient pas, ne jardinaient pas, ne cuisinaient pas, n'invitaient jamais d'amis. Ils haussaient les épaules et me laissaient seule face au monde. D'ailleurs ce geste de hausser les épaules apparait plusieurs fois dans mes textes. Heureusement j'ai puisé dans leur indifférence au monde, une curiosité insatiable. Mais j'ai besoin d'une émotion concrète pour m'attacher au travail d'un créateur au risque, sinon, de m'égarer. Je manque de repères. D'où mon intérêt pour l'atelier, le chantier, le carnet, les épreuves, la correspondance. J'apprivoise la démarche et  peux porter un regard sensible sur le travail fini. Désacraliser. Retrouver l'humain qui s'exprime dans la création.  Y trouver ma place.  Francis Bacon : L'atelier - Margarita Cappock, ed. La bibliothèque des arts.