[le site de Fabienne Swiatly ]

L'obstination du bleu Klein.

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Je voudrais - Première tentative sonore. 

 

 

 

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Lecture à Ljubljana dans une friche culturelle installée dans l'ancienne caserne militaire de l'armée yougoslave d'avant la guerre. En 1992, quand la Slovénie a déclaré son indépendance, il y a eu des affrontements pendant 40 jours. Les étudiants ont envahi la caserne et elle est devenue, depuis, un lieu culturel. La prison a été transformée en hostel et l'on peut dormir dans des cellules réaménagées par des designers et des architectes essentiellement slovènes. L'association Kud kentaver nous a reçu Mateja Bizjak-Petit et moi pour une lecture en trois langues : français, slovène, allemand dans ce lieu appelé Menza pri koritu qui signifie : la cantine à côté de l'auge. Le mot d'ordre de l'association est poezija je kul !  Spectateurs peu nombreux pour cause de vacances, mais il y avait des jeunes et des moins jeunes très enthousiastes. Nous avons même eu l'honneur d'être bissées. La poésie tient une grande place en Slovénie, et dans la principale librairie de la ville les revues de poésie occupent deux longues étagères. Rendez-vous a été pris pour le mois de juin 2012 où se déroulera un festival poétique en ce même lieu. Avec Mateja nous aimerions écrire un texte commun où viendrait se mêler nos deux langues maternelles pour questionner la question du Vater Land : le pays des pères.  

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Retiens-moi à l'intérieur - Tentative sonore sur une musique de Frédéric Darricades.

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Le hasard fait que ma résidence à Cinquétral correspond à l'Assemblée générale de la fédération européenne des Maisons de poésie en ce même lieu. Du coup je mets la main à la pâte et aux patates (on prépare les repas sur place). Belles rencontres avec les militants de la poésie - que je ne connaissais que de nom jusqu'alors. Comme dans toute les familles, on mesure les différences, les affinités, les diversités de moyens et mon étonnement que certains ne possèdent pas de sites ou le vivent encore comme un outil inerte - la crainte certainement que cela ne vienne remplacer le papier. Ou la peur d'une technologie qui peut être dévoreuse de temps. J'aime alors raconter l'aventure de Remue.net qui nous fait exister ensemble, malgré l'éloignement géographique, à une revue littéraire. Ce qui n'empêche pas de se retrouver pour de vrai - comme disent les enfants - le temps d'une soirée de lectures à Lyon ou Paris.

Malgré la diversité de nos enracinements littéraires et technologiques, les rencontres sont vivifiantes et me donnent l'occasion d'entendre pour la première fois la voix de Timothée Laine et celle de Jacques Moulin. Puis une discussion (plusieurs fois renouvelée pendant le week-end) qui nous mène des falaises d'Etretat à la mer absente du Jura. Le calcaire comme territoire commun, pourquoi pas.

Sans oublier la balade en raquettes sous les épicéas sombres puis sur les hauteurs enneigées dont je n'ai pas retenu les noms - va falloir que j'achète une carte. Et la surprise de lectures devant le muret qui marque la frontière franco-suisse en pleine forêt ou encore à la grande table de l'Ecomusée de la Chapelle-des-bois.

Et vient le dernier repas, quand la plupart ont rejoint voiture ou train, pris dans la cuisine de Saute-frontière à finir les restes, et le camarade Pierre Vieuguet qui nous dit l'histoire des humbles de l'île d'Ouessant : des femmes, ici, redressent chaque jour des pierres noircies pour inverser les vents. Et je pense alors à Rithy Panh qui pendant le tournage du film tiré de Barrage contre le Pacifique de Marguerite Duras a retrouvé les rizières de la dame blanche. Le nom resté dans la mémoire des paysans et qui redonne une vie à la femme, à la mère, qui a voulu retenir les eaux salées de l'océan.

S'inscrire dans la terre, dans le calcaire, dans le papier, à l'écran ... Cet entêtement des hommes et des femmes.

Dernière mise à jour dimanche 11 janvier.

 

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Cambouis d’Antoine Emaz est un livre qui me porte en un période difficile avec l'écriture. Le sentiment de me traîner derrière les mots. De les supplier de dire. Alors ce livre qui me parle, expression que je n’aime pas utiliser d’habitude, mais comment dire autrement d’un livre qui entre en conversation avec ses questionnements les plus intimes. Un livre écrit sans emphase sur le travail d’écriture poétique.
Le livre ne me quitte pas. Je lis, souligne, relis et me dis : c’est ça oui c’est ça. Peu de livres dans la vie qui me collent ainsi : Le plaisir du texte de Roland Barthes, Ecrire de Marguerite Duras, Plume d’Henri Michaux, Frêle bruit de Michel Leiris,  La chasse à l’amour de Violette Leduc… si tout de même; les titres et les auteurs qui reviennent de suite.

Extraits de Cambouis : un poème, c’est de la langue sur une émotion qui rend muet. Il va contre ce mutisme, il est donc bien un exercice de lucidité, d’élucidation. Par les mots, je retrouve un peu prise sur ce qui oppresse. Par les mots, je me décale, je prends un peu de distance, je ne suis plus complètement dedans. On écrit sans doute moins pour ne plus avoir mal que pour comprendre de quoi on souffre exactement. […]

En simplifiant, on pourrait peut-être dire qu’en vers, il y a une saisie verticale du mot, alors qu’elle est horizontale en prose.  […]
La page reste une sorte de réplique à un choc ; elle travaille ce choc ; elle ne l’explique pas plus qu’elle ne l’efface ; elle pose ce choc, autant que possible.  […]

Pourquoi écrivez-vous ?
Parce qu’il faut.

Cambouis – Antoine Emaz,  Seuil-déplacements, 2009

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Samedi, Nuit Remue à l’Espace Cerise. Je lis pour la première fois Ligne de partage des os. L’aspect technique de ma lecture - j’ai rajouté une bande son réalisée par Laurence Cernon que je dois gérer  moi-même en direct (pas de régisseur) - m’inquiète un peu. Et aussi lire ce texte pour la première fois. Poésie sur l’avortement, je n’y vais pas avec le dos de la cuillère, ni le creux des émotions. Je suis contente d’être programmée en début de soirée. Plus disponible ensuite pour écouter les autres.
A la fin de ma lecture, j'écoute les commentaires de ceux qui ont aimé. Mais je voudrais surtout connaître l’avis de ceux qui se taisent. Pas facile de s’approcher et demander. Envie de savoir et de ne pas savoir. Mais la technique a bien fonctionné, c’est déjà ça.
Puis j’écoute avec fascination (ce n’est pas le bon mot, mais émotion m’encombre trop). En tout cas j’ai écouté de tout mon corps, de tous mes nerfs la lecture de Claude Favre, accompagnée par le guitariste Yann Féry. Elle donne son texte, sa voix et son corps sans filet. Elle lit comme l’on marche sur une crête de montagne lorsqu’on est pris de vertige : ne pas s’arrêter, regarder droit devant, avancer pour ne pas tomber, rester concentré sur la marche.
Ses textes vont chercher la phrase à la limite d’un cri rentré. Dire jusqu’à l’hésitation de l’écriture car un mot ne peut contenir le monde à lui tout seul, il faut le frotter à d’autres mots. Et cette intonation qui m’intrigue que je ne sais pas nommer, et c’est Laurent Grisel qui s'adressant à elle, me donnera un début de réponse : les consonnes. C’est bon d’entendre des consonnes.
Oui il y a ce travail et cette diction qui met en avant les consonnes, qui n’étire pas la voyelle. La phrase qui vient s’appuyer sur le plus bref de la langue et des sons. Et Claude de sourire aux propos de Laurent : enfin quelqu’un qui me parle de grammaire… D’autres lectures après.  D’autres bons moments dans la soirée que l’on pourra bientôt entendre sur Remue.net, mais cet instant-là, le plus fort pour moi. Espérer que Claude pourra être entendue ailleurs. Souvent.
Puis le lendemain, la croisant sur le marché de la Poésie, elle évoque des lectures à venir, des textes publiés. Propositions qu'elle semble accepter sans crainte car c’est une méfiante. Alors je guetterai dans ces mails et  préviendrai. En attendant à lire sur Remue.net ici.

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Les bonnes intentions ne font pas les bonnes inventions. C'était mercredi soir, place Saint Sulpice avant l'ouverture du marché de la poésie. Dans les cabanes dites des poètes, on se sent bien seul à devoir affirmer la poésie, la littérature dans le désordre de ceux qui viennent là avec peintures  légères, chaises pliantes, bouts de films, bouts de nappe, bouts de textes, de quoi boire et surtout de quoi élever la voix pour attirer vers soi ceux qui trainent là par hasard ou pour de bon. On croise des auteurs qui ont hésité à investir le lieu et que l'on sent soulagés d'avoir dit non. On est triste dans sa cabane pourtant le livre que l'on montre est beau mais la peur de le tâcher avec les verres au-dessus penchés. La poésie a  le droit de boire, certes, mais il faudrait d'abord l'entendre. Décalage dans ce fourre-tout. Confusion des genres, je perds la voix, je perds l'envie. J'ai honte un peu d'être là, à ne rien savoir faire dans ce désordre triste et vain. Puis je pense à demain quand j'entendrai le texte d'Arnaud Maïsetti qui ainsi commence : Et je me tiens debout, je n’ai pas besoin d’autres armes que mes jambes bien plantées sur le sol droit et horizontal ;

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Couv. Fabienne Charenton 2583 C 2

La vie d'un texte nous échappe le plus souvent et c'est tant mieux. Quand j'ai écrit ce texte sur un avortement, j'avais des raisons personnelles, mais il me semblait surtout que le sujet était encore tabou. Avant qu'il ne soit publié à la Passe du Vent, je l'ai souvent lu en public. Il a été mis en scène par Eloi Recoing (avec le soutien essentiel de Donatella Saunier de l'Hippocampe) et le poète Michaël Glück en a fait récemment une lecture à Rodez, à mon grand plaisir et aussi à mon grand étonnement. Ce texte me fait prendre conscience qu'il y existe un lourd silence sur le vécu des hommes, pourtant à chaque avortement un homme est concerné. Certains m'ont fait des confidences après les lectures : hommes exclus de la démarche, hommes désemparés, hommes indifférents, hommes qui ont, dans tous les cas, quelque chose à dire, à partager. Je découvre les hommes de la rive  "Je dis rien / Je sais / Je sais / J'attends / J'attends la question"

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Saint-Martin-d'Hères. J'ai traversé une partie de la ville à pied, appareil photo à la main. Elle se donne à voir sans aucune logique urbaine, de coquettes maisons jouxtent des immeubles quelconques, de nombreuses friches exhibent leur architecture éventrée à quelques mètres d'une importante zone commerciale, des espaces chargés en panneaux signalétiques qui soudain s'ouvrent sur des terrains vagues. Je voudrais fixer les recouvrements d'époque, la cohabitation sociale. Photographier la jointure. Il fait très chaud, je fais une  pause à la Maison de la poésie. Nous aimerions bâtir ensemble une résidence d'auteur qui associerait mon travail photo avec des ateliers écriture. Je ne sais pas grand chose encore du passé industriel de la ville. On m'a parlé de la Biscuiterie Brun qui a fermé en 90, le couvent des Minimes qui a subi un incendie en 2007, la présence forte des immigrés portugais, espagnols et algériens, le campus universitaire. J'ai choisi un format 16/9 que je ne peux pas afficher ici, l'interface de mon site ne connaît que le carré. Avec ce format, j'espère garder le ciel à distance, il s'impose trop souvent dans mes photos à mon goût. 

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École Ambroise Croizat de Saint Martin-d'Hères, état grippal qui ne rend pas évident de se retrouver dès 8h du matin, après 1h30 de trajet, dans l'intime d'une classe avec les enfants dedans qui ont à peine dix ans. Raconter et lire la poésie, puis mettre leur propre écriture en route. Il fait froid dehors. Les mots s'écrivent sur le tableau, les mots s'emportent dans  les livres, les mots se disent avec la voix enrouée. Les sentir attentifs. On aimerait être plus vaillante. Et puis le petit garçon qui s'approche à la fin de l'atelier et dit : le chagrin n'empêche pas de grandir. Comme s'il avait senti que j'avais besoin de quelque chose pour me tenir chaud. J'ai reniflé un peu, normal, j'ai le rhume.  

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Il est des comités d'entreprise qui ne se contentent pas de gérer les places pour le parc des Mickeys. Celui-là ose accueillir la poésie. D'abord Bastien Mots paumés qui s'invite à l'heure du déjeuner et surprend ceux qui étaient seulement venus manger. Pour moi c'est une première, une lecture-conférence : La poésie ça vous travaille comment ? Comment les poètes travaillent la poésie et comment la poésie raconte le travail. Je dis, je lis, je propose des photos. Presque une heure. Charles Pennequin, Antoine Emaz, Annie Zadek, Guillevic, Christiane Veschambre, Prévert, Jane Sautière, Thierry Metz, François Bon comme compagnons ... Sur les 2500 salariés de StMicroelectronics, ils n'auront été qu'une vingtaine à venir, mais public différent. Pas souvent qu'une majorité d'hommes se réunit autour d'une lecture. Un bon moment malgré mon trac. Une forte envie de renouveler. Les organisateurs rassurés, car au fond la poésie leur faisait peur aussi. C'est à la Maison de la Poésie Rhône-Alpes que l'on doit l'initiative.

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Je ne parvenais pas à dire que j'étais fatiguée. Je ne parvenais pas à croire que j'avais besoin de silence, de ralentissement. Je continuais à dire il faut, il faut, il faut. L'écriture était une torture, l'écran me brûlait les yeux et aucun livre ne parvenait à me parler. Pourtant il faut. Aucune nuit ne réussissait à me donner tout le sommeil dont j'avais besoin. J'avais honte de ne plus pouvoir. Et il y a eu cet arbre. C'était à Saint Antoine de l'Abbaye, je venais de proposer une pérégrination poétique. J'avais lu et des gens m'avaient suivie. Et là j'étais dans la voiture à vouloir trouver un lieu où me connecter. Il me fallait répondre à mes mails. Et de la voiture, juste avant de démarrer, j'ai vu cet arbre, j'ai vu l'ombre sous l'arbre et je n'ai pas démarré la voiture. J'ai regardé l'arbre dans l'absence d'air de l'habitacle et je me suis décidée. J'ai été m'allonger dans le cercle d'ombre. Il y faisait bon. J'ai regardé un long moment les feuilles par en dessous, plus transparentes plus mouvantes vues d'en bas. C'est un plan très courant dans les films. Un plan qui semble vouloir dire : celui qui regarde ces feuilles ainsi par en dessous, pense à la mort mais il n'a pas peur. Je n'ai retrouvé aucun titre de film, juste la sensation de déjà vu. Puis je me suis endormie. 

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La tyrannie du jour d'après. Ce fameux jour où on pourra se poser, où on aura le temps de ... et qu'il sera possible de tout faire. On pourra enfin prendre le fameux train d'avance. Et pourtant ce jour d'après nous rapproche inexorablement de l'autre jour nettement moins réjouissant : celui de notre mort. Alors faut-il avancer vite si aujourd'hui ne s'offrira qu'une fois ? J'ai senti de la peur en moi, surtout après la lecture du texte Jamais mieux de Jean-Pierre Georges publié par la revue Décharge et ce passage d'une tristesse absolue : " Je n'ai presque pas regardé la première neige de l'hiver. Elles est tombée sans moi. J'ai lu Freud couché, sans même me demander comme autrefois, si les flocons prenaient du volume ou non, et sans m'accrocher à la fenêtre pour le vérifier. Cela en dit long sur mes renoncements. " J'ai posé la revue avec une violente envie de profiter de ce jour unique et fragile. Il ne tombait pas de neige, mais le soleil était d'une belle clairvoyance. J'ai enfilé mes chaussures et ma parka : à nous deux, jour d’aujourd’hui, puisque tu sembles m'attendre !

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