[le site de Fabienne Swiatly ]

La couleur absente de la Lorraine.

Sans titre

Mes ateliers sont de plus en plus souvent des rendez-vous donnés à un groupe pendant mes résidences. Des lieux qui hébergent, éduquent, soignent et parfois enferment. A chaque fois la surprise d'une rencontre plus singulière qu'une autre.  Je viens, je lis des textes les miens, ceux des autres. Je propose un temps d'écriture. Elles, ils écrivent ou pas, lisent ou pas, rarement se désintéressent. C'est aussi simple et complexe que cela. Je fabrique chaque jour un petit journal de bord que j'affiche dans un lieu de passage où je mêle mes textes, leurs textes, mes photos. Dire ce que je fabrique dans le lieu. Pendant les ateliers, je montre, de plus en plus souvent, mes carnets parce qu'ils illustrent bien comment l'écriture se cherche, se perd et s'éloigne de l'écran et de la page blanche. La nécessité du brouillon.  A l'IME Le Barioz sur les pentes de Belledonne, j'ai passé cinq jours avec les jeunes de 10 à 18 ans dans le cadre de mon compagnonnage avec Scènes Obliques. Chaque jour, j'ai rencontré l'une ou l'autre classe. Un matin, ouvrant une page de mon carnet d'écriture d'Annette, avec des photos de prises de courant abimées, ce commentaire m'a échappé : J'ai l'impression d'être un peu dingue parfois. Amine a malgré son problème d'élocution rétorqué de suite : Faut bien poser sa tête quelque part. J'ai trouvé que c'était une formidable définition de la littérature ou plutôt de mon rapport à la littérature : poser sa tête quelque part.